Un an au FRAIS en Terre-Adélie

 

En tant que « Volontaire de l’Aide Technique » dans le cadre du Service National, j’ai eu la chance d’effectuer un séjour d’un an dans l’Antarctique en 1983 au sein de la station française Dumont d’Urville en Terre-Adélie (33ème Expédition Polaire Française).

Plus d’images de mon hivernage en Terre-Adélie en 1983 ici!

Outre mon travail intéressant de technicien du laboratoire de sismologie et de magnétisme terrestre (relevant scientifiquement de l’IPG de Strasbourg), c’est une expérience hors du commun, tant du point de vue humain que de la découverte des régions polaires.


Décembre 1982. Base Dumont d’Urville, 140°01 E – 66°40 S. UTC+10.

Bienvenue en Terre-Adélie sur l’île des Pétrels dans l’archipel de Pointe-Géologie, une charmante petite station scientifique française dans l’Antarctique crée par les Expéditions Polaires Françaises dans les années cinquante.

Photographie panoramique de la station Dumont d’Urville
L’accueil est plutôt bien réussi…
Radôme météo.

C’est l’été. Nous venons relever la mission précédente et débarquons du bateau avec armes et bagages, aidés heureusement par un hélicoptère. Les paysages sont superbes. La mer est libre de glace – ou presque – et nous sommes donc condamnés à demeurer sur notre île à moins d’emprunter une petite barque à moteur.

Profitant de la relative clémence du climat estival – les températures sont positives et lesoleil brille 24 heures sur 24 -, de nombreux oiseaux sont revenus pour nicher. On y reconnaît Fulmars Antarctiques, Pétrels des Neiges, Pétrels Géants et Damiers du Cap.

Pétrels des Neiges.
Pétrel Géant.
Damier du Cap.



Enregistrement sonore de Damiers du Cap (format MP3)


L’île des Pétrels est envahie de Manchots Adélie qui défendent fermement leurs nids de cailloux, n’hésitant pas à les améliorer en dérobant quelques cailloux aux voisins. Ils ne sont guère discrets mais rapidement on n’y prête plus attention.

Enregistrement sonore de Manchots Adélie

Nos nouveaux rythmes de travail sont maintenant bien entrés dans les moeurs et régis par les séances de mesures et les contrôles journaliers. A chaque équipe de recherche son sujet: météorologie, biologie, ionosphère, magnétisme terrestre, sismologie…

Mars: le bateau s’en va et ne reviendra que dans neuf mois environ. L’été aussi. La température baisse et la banquise se forme. Au début, ce n’est qu’une fine pellicule de glace.

Très vite, le froid et les tempêtes aidant, la banquise prend l’aspect d’une immense étendue tourmentée blanche. Des bruits sourds rappellent qu’ici rien n’est figé. La glace craque. La houle et les fronts de glaciers partant vers le large comme autant d’icebergs modifient sans cesse le paysage. Nous admirons cela d’autant plus que nous ne sommes plus confinés sur notre île. Nous nous promenons souvent sur la banquise. Ici ou là, des phoques prennent possession de la banquise et se prélassent.

Laboratoire de géophysique externe.
Jour de vent…

Fin juin, nous fêtons la «Midwinter», longuement, histoire de garder le moral. La nuit est omniprésente et le soleil qu’une faible lumière près de l’horizon visible moins d’une heure par jour.

Le vent laisse un souvenir sonore ancré dans la mémoire même après de longues années. Enregistrements MP3.


L’hiver, c’est aussi la période choisie par les Manchots Empereurs pour regagner l’archipel. Bizarre, ces animaux qui, malgré le blizzard et les basses températures, viennent se reproduire à cette période de l’année. Garder l’oeuf au chaud jusqu’à l’éclosion puis élever le nouveau-né n’est pas une mince affaire. Les parents jeûnent à tour de rôle. Heureusement, la vie en communauté facilite les choses et très rapidement des «crèches» se forment.



3 enregistrements sonores de Manchots Empereurs (adultes avec petits)

Entre nous, l’ambiance est bonne et c’est parfait ainsi car le bateau ne sera de retour que courant décembre avec la relève. D’ici là, notre petit groupe d’une trentaine de personnes devra vivre seul, replié sur lui-même.
Grâce à la philatélie des Terres Australes et Antarctiques Françaises nous gardons quelques souvenirs de notre hivernage lointain.


Une page présentant les timbres émis par les TAAF en 1983

Texte, sons et photos © Pascal Blondé


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