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Le lac de lave de l'Erta Ale est là devant nous.

Fin du trajet en voiture, l'Erta Ale n'est plus très loin. Le soleil s'est couché et un panache de gaz rougeoit au dessus de sa silhouette. Est-ce bon signe? N'y-a-t'il pas trop de gaz? Cinq dromadaires sont censés porter nos affaires jusqu'au sommet mais quand l'atteindront-ils? Peut-être seulement au petit matin! Ils ne sont pas encore là au point de départ! Je me prépare donc à porter un sac bien lourd avec tout mon matériel photo et quatre litres d'eau lorsque la caravane arrive! Je peux me délester d'une partie de mon attirail et entame la marche d'un pas plus léger. Petite frayeur un peu plus tard, l'agitation gagne les premiers marcheurs: une vipère repérée par notre guide afar n'aura pas la vie sauve. Finalement les dromadaires seront au sommet une bonne heure avant nous! Pour notre part, nous mettons un peu plus de 4h30.

Erta Ale Erta Ale

Il est presque 2 heures du matin, ce 31 janvier, lorsque nous contemplons enfin le lac de lave, moins d'une cinquantaine de mètres sous nos pieds. Les gaz sont effectivement assez présent. Nous toussons un peu et, pour les photos des fontaines de lave en plans rapprochés, il faut jouer avec les gaz. Heureusement, le lac se dévoile complètement de temps à autre. La chaleur des entrailles de la terre se fait sentir au bord du cratère.

La rude tâche de photographe.

Lorsque le lac s'agite, jongler avec deux appareils photos, alterner plans larges du cratère et plans rapprochés des fontaines n'est pas simple et engendre beaucoup de ratés. Mauvais réglages, matériel pas prêt, trépied qui gène les autres participants, je ne suis pas très content de ma moisson photographique de cette première soirée. Une douzaine de personnes postées sur des abords très instables impose un peu de concertation et d'attention. En 2003, j'ai vu partir au fond du cratère un joli reflex 24x36 haut de gamme...

Erta Ale Erta Ale
Erta Ale Erta Ale

Approcher le bord du cratère n'est pas sans risque.

Nous consacrons la matinée à parcourir d'anciennes coulées et champs de lave du pit-cratère sud, la température restant agréable. De nombreux cheveux de Pélée tapissent le sol. Les longues fractures béantes sur les pourtours du cratère, signes avant-coureur de chutes de parois du cratère, n'ont rien de rassurantes.

Erta Ale Erta Ale Erta Ale
Un dernier coup d'oeil au lac de lave, la lumière solaire est maintenant très crue et la chaleur se fait ressentir. Sieste jusqu'à 15 heures pour laisser passer les heures les plus chaudes de la journée. Peu d'ombre. Nos guides et gardes se sont lancés dans un concours de tir à la Kalashnikov. Un bruit assourdissant dont l'écho résonne dans toute la caldeira.

Dans l'après-midi nous longeons le pit-cratère nord. Pas de lac de lave mais d'importantes fumerolles. En contournant le cratère nous arrivons à avoir une meilleure vue, les fumées s'échappant d'une ligne de fracture étant rabattues par le vent.
Erta Ale

Retour au lac de lave pour la soirée. L'aube et le crépuscule sont les meilleurs moments pour observer le lac, l'éclat rouge de la lave se conjugue alors à la lumière solaire pour éclairer la peau superficielle de lave.

Erta Ale Erta Ale

La difficile progression vers Dallol.

1er février. Retour aux voitures après une descente en fin de nuit. Nous repartons à Kursewad déposer un des guides locaux qui fut fort utile pour nous guider dans ces déserts de sables et de roches. Le village nomade dispose d'un puits. Nous ne refuserions pas une douche mais il faudra encore attendre avant de retrouver un certain confort. Un peu d'eau sur la tête seulement pour se rafraîchir et beaucoup pour remplir les jerrycans.

Dromadaires - puit
Les dromadaires se désaltèrent.
Tombe Afar
Porteuses d'eau à Kursewad.

Le chemin pour atteindre Dallol est encore long. Les superbes paysages volcaniques, survolés en hélicoptère en 2003 et depuis avec GoogleEarth, vus du sol ne sont que suites de plaines sableuses où les 4x4 s'enlisent et terrains caillouteux où la panne mécanique guette.

Enfant à Ahmed Ela
Jeune fille curieuse à Ahmed Ela.
Lorsque le village d'Ahmed Ela apparaît, nous avons fait le plus difficile. Village de pierres lié à l'exploitation de sel proche sur le lac Karoum, on y trouve même un « bistro » approvisionné en soda et disposant d'une TV.

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Texte et photos: Pascal Blondé - Voyage effectué fin janvier/début février 2007