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Deux jours à lutter contre la météo.

Nyiragongo
Première vision nocturne du lac.
Nous voici donc au sommet, au campement sud, sur les lèvres du cratère au fond duquel bouillonne ce fameux lac de lave. Le panache de gaz a bien du mal à s'échapper du volcan, plaqué à l'intérieur par un vent violent, et les nuages eux-mêmes semblent s'y précipiter. Par chance un peu plus tard, vers 18 heures, le lac se dévoile enfin à nos yeux, juste une petite heure... Il faut composer avec le vent et les quelques moments où le lac est suffisamment dégagé, pour «sortir» quelques photos «potables». De ce point de vue le lac de lave est partiellement occulté par une «terrasse» située plus bas dans le cratère.
Point positif, le repas est succulent, et on n'aura pas à se plaindre de la nourriture lors de notre séjour. Etonnant même: les légumes sont frais et épluchés sur place!
Nouveau coup d'oeil au lac de lave lors d'une éclaircie entre 23h15 et minuit puis... rideaux! Le mauvais temps s'installe pour de bon. Nuit agitée. La tente ploie sous les rafales de vent et la toile s'affaisse sur nos visages.
Nyiragongo
Malgré le vent le spectacle est magnifique.

Vendredi 17 mars, au lever du jour, nous nous rendons à l'évidence: nous sommes dans les nuages. A 6h40 un rayon de soleil perce les nombreuses couches nuageuses et nous offre une petite éclaircie, histoire de contempler le triste spectacle: du bas de la montagne des nuages montent vers nous, au dessus de nos têtes des nuages poussés par un vent puissant, et à notre niveau également des nuages...
La journée passe à attendre une accalmie. Je joue avec mon téléphone portable et envoie des SMS. Les réseaux GSM congolais et rwandais sont reçus correctement. Ma carte rwandaise se révèle plus économique que la française tant pour les appels que pour les SMS. Un espoir arrive justement de France par un message: «Jeudi et vendredi: temps mauvais mais arrivée amélioration samedi en milieu de journée puis beau temps».

Campement
Le campement dans les nuages et les gaz.
Les heures s'écoulent, les cartes mémoires de l'appareil photo se remplissent guère et les batteries se vident même, à force de revoir les photos assez mauvaises de la veille. Je ne suis pas prêt de rapporter des images aussi belles que celles faites en janvier par Tom Pfeiffer et Marco Fulle (Decade Volcano et Stromboli Online). Dans les nuages
Promenade sur les abords du cratère pour tuer le temps...
Milieu de l'après-midi, petite éclaircie. Nous apercevons le cratère adventif du Shaheru, mais tout comme la nuit précédente, nous ne partons pas sur le flanc ouest où nous pourrions voir l'intégralité du lac. La météo ne s'y prête toujours pas. En consolation, le panache et les nuages se déchirent un peu et nous offrent deux heures de spectacle sur le lac depuis le campement sud. Nyiragongo
Deuxième nuit et toujours un trop court spectacle.

Enfin l'accalmie tant attendue!

Au bord du cratère
Attendre l'accalmie tant attendue...
Nouvelle nuit agitée sous la tente et, à 4 heures du matin ce samedi 18 mars, toujours pas de départ pour le flanc ouest... météo exécrable... Ca se gâte même au lever du jour. Orage et grêle s'abattent maintenant sur nous. Mais la météo s'améliore vers midi et le vent se calme. En milieu d'après-midi nous partons (enfin!) pour le flanc ouest, un peu anxieux car nous sommes encore un peu dans le brouillard. Nous en sortons assez rapidement, le SMS météo d'Inggried et Bernard se révèle donc d'une justesse incroyable...

Commence alors la superbe soirée tant attendue. Devant nous, à nos pieds, le cratère du Nyiragongo et plus de 550 mètres en contrebas le lac de lave (estimation: 300 mètres de long pour 200 de large). Le panache de gaz reste très conséquent. Il faut faire avec, mais nous restons «scotchés» sur place devant un tel spectacle. Continuellement brassée, la lave est éjectée du lac sous forme de fontaines et de murs de lave de 20 à 40 mètres de haut. Le sol et les parois du fond du cratère sont très noirs, témoignage d'une élévation temporaire du niveau du lac. Les photos prises en janvier ne montrent pas de telles traces, l'évènement s'est donc produit entre janvier et notre venue.

Nyiragongo Nyiragongo
Nyiragongo Nyiragongo
Nous ne regagnons pas les tentes avant 23h, fermement décidés à retourner une dernière fois sur le flanc ouest avant d'entamer la descente le lendemain matin. Le temps est beau, et les lumières de Goma illuminent les rives du lac Kivu. Goma nuit
Goma de nuit vue du sommet du volcan.

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Texte et photos: Pascal Blondé - Voyage effectué n Mars 2006