![]() Au bord du cratère, le photographe s'en donne à coeur joie... |
Dimanche 19 mars, lever à 4 heures. Une fois encore, nous partons pour le flanc ouest pour un dernier regard sur le lac. Ma focale de 17mm montée cette fois-ci sur mon boîtier argentique m'offre un panorama fantastique, la vue englobant aussi bien le lac de lave niché au fond du cratère, les parois et terrasses, le panache et, en arrière-plan, les premières lueurs du jour sur les volcans éteints Mikeno et Karisimbi. La journée s'annonce donc bien, mais malheureusement la descente nous attend et marque la fin de notre séjour au sommet du Nyiragongo. |
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| Nous contemplons une dernière fois le plus grand lac de lave du monde. | |
Dans l'après-midi, à Goma, nous traversons les coulées de lave qui ont coupé la ville en deux en 2002, avant de se jeter dans le lac Kivu. Aujourd'hui encore, la ville en garde des séquelles. Des carcasses de camions et voitures prises dans la coulée témoignent de l'emplacement d'un ancien garage. Les étages supérieurs des habitations sont devenus des rez-de-chaussée.
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| Goma garde encore des traces de la coulée de 2002. | ||
![]() L'Observatoire Volcanologique de Goma. |
A l'Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), Célestin Kasereka, responsable scientifique, nous donne un grand nombre d'explications sur le volcanisme de la région, la surveillance du volcan et sur la protection des populations. Selon l'OVG, il n'y a pas actuellement de signes précurseurs d'une éruption du Nyiragongo mais le Nyamulagira, juste à côté, doit être surveillé attentivement car il entre en éruption tous les 18 mois et la dernière remonte maintenant à 2004. |
![]() Les volcans Nyiragongo et Nyamulagira. |
Le lendemain nous avons rendez-vous avec les derniers gorilles de montagne dans le parc des Virunga. Encore un lever matinal. La route longe les volcans Nyiragongo et Nyamulagira totalement dégagés aujourd'hui, le ciel est d'un bleu pur... Avant notre venue, un éclaireur est parti pister les gorilles. La famille de neuf individus que nous devions aller voir est trop éloignée, nous partons donc rejoindre celle forte d'une trentaine d'individus! |
| La terre volcanique montre toute sa générosité ici, nous traversons d'abord de nombreux champs cultivés avant d'arriver à l'orée de la forêt. Nous nous y engageons en suivant les indications du guide: rentrer nos bas de pantalons dans les chaussettes et ne pas s'arrêter n'importe où, sous peine d'être pris à partie par les fourmis rouges. Plus facile à dire qu'à faire, lorsqu'il faut enjamber la végétation qui cache des racines bien traîtres... |
![]() Dian Fossey repose entre les volcans Mikeno et Karisimbi. |
Voilà les gorilles! Bien visibles dans une clairière. Le mâle dominant au dos argenté (d'où son nom de « silverback ») ne se montre que très peu, mais les autres membres de la famille jouent, mangent, et se laissent tirer le portrait sans être visiblement dérangés. Notre guide nous détaille le régime très sélectif du gorille: de cette plante-ci, il n'en mange que les feuilles, de celle-là que la tige, d'une autre seulement la moelle! A s'alimenter de la sorte, s'aidant des mains, ils ont vraiment une allure humaine. La famille rejoint doucement la forêt, trop sombre pour continuer les prises de vues (les flashs sont bien sûr interdits).
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Fin de notre séjour. On regrettera de n'avoir pu explorer longuement les abords du cratère du Nyiragongo et visiter le cratère adventif du Shaheru envahi par une coulée de lave. La météo et le volcan ont un peu joué avec nos nerfs, mais si le lac de lave ne s'est dévoilé à nos yeux que bien lentement, c'est aussi pour conserver une partie de son esprit mythique.
Plus de photos du volcan Nyiragongo ou des gorilles de montagnes?
Texte et photos: Pascal Blondé - Voyage effectué en Mars 2006