"Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson. Alors ils s'apercevront que l'argent ne se mange pas". Sitting Bull

Du Sangeang Api – le volcan qui me trottait dans la tête – à l’Anak Krakatau effondré.

Novembre 2019. Depuis quelques mois je trouve sur internet des retours signalant une activité certaine du volcan Sangeang Api, accompagnés de belles images d’éruptions. J’étais passé au pied de ce monstre lors d’un voyage à Komodo en 2001 sans le gravir. Décision est prise de m’y rendre. Avec 3 amis nous demandons à Aventure et Volcans de nous préparer un voyage à la carte en le complétant avec un petit séjour sur l’Anak Krakatau, histoire de voir ce qui s’y passe près d’un an après son effondrement.

[Les photos de mes séjours au Krakatau sont ici…] (images récentes à la fin),
et celle du [Sangeang Api ici].


Bali > Sumbawa, notre but se rapproche

De Bali, nous rejoignons en avion l’île de Sumbawa. Le temps clair nous permet de repérer au passage le cratère de l’Agung, au départ de Bali, ainsi que la caldeira du Tambora. Le Sangeang Api est une « île volcan »située au nord-est de Sumbawa.

 

Le volcan Agung sur l’île de Bali vu d’avion

17 novembre 2019: nous atterrissons à Bima, la principale ville de Sumbawa. Roby qui sera notre guide pour cette partie du voyage nous y attend et a préparé toute la logistique. De là, il faut tout d’abord rejoindre en voiture le village de Sangeang. Le volcan est bien visible, juste en face, séparé par un bras de mer de moins d’une dizaine de kilomètres. Les autorisations d’accès sont obtenues auprès du chef du village et les bagages préparés avec soin. Nous mangeons chez l’habitant.

 

Embarquement sur un petit bateau de pêcheurs. Un navire traditionnel tout en bois nettement plus imposant est en construction sur la côte. Mais nos regards se tournent vers pulau Sangeang, l’ile Sangeang.

 

 


 

Nous longeons la côte, embarquant ou débarquant quelques habitants, avant d’arriver au hameau de pêcheurs d’où commencera l’ascension. Bardés de nos chaussures de marche et de nos sacs nous sommes la source d’amusement des enfants qui ne doivent pas voir très souvent des occidentaux.


Première courte étape en fin d’après-midi

L’ascension démarre donc de la plage, altitude « 0 », en fin d’après-midi. Nous traversons des plantations d’anacardiers, l’arbre qui donne les fameuses noix de cajou. Un peu difficile d’être adroit avec nos grosses chaussures de marche rigides lorsqu’il s’agit d’enjamber les clôtures! Une heure et vingt minutes plus tard, arrêt pour la nuit. Nous sommes à 140 mètres d’altitude. D’ici la vue est dégagée sur le volcan et nous nous rendons mieux compte de ce qui nous attend demain matin.

 


Une ascension difficile, le volcan se mérite!

 

 

18 novembre, 7h30, départ de la « véritable » ascension.

 

Procession de fourmis sur un arbre.


Le chemin passe à travers des « hautes herbes » récemment brûlées. La pente se raidit rapidement. La végétation finit par disparaître et laisse la place à la cendre meuble. Deux pas en avant et on redescend d’un… Progresser sur un tel sol n’est pas une sinécure surtout que le soleil tape de plus en plus fort. Nous ne forçons pas du tout sur le rythme et c’est seulement vers 14h20 que nous arrivons à un col séparant le cratère actif d’un ancien sommet sur le flanc duquel nous camperons.

 

Une jeune indonésienne se chargera de préparer les repas avec notre guide Roby


 

 

 

Nous sommes à 1530 mètres d’altitude. Les tentes sont montées. Nous avons prévus de rester ici jusqu’au surlendemain matin. Les éruptions ne sont pas forcément régulières et la météo peut contrecarrer le spectacle, autant prévoir large.

 


 

Rien à dire pour l’instant: le « programme » est sans faille. Comme nous l’espérions, le volcan nous gratifie de nombreuses éruptions. La nuit tombe et le spectacle est encore plus beau. Mes deux boîtiers photos en batterie sur trépied, je double les vues avec champ large et vue rapprochée. Je monte en sensibilité pour capter le féerique ciel étoilé. Tiens, j’ai oublié de mettre à l’heure locale un de mes boîtiers… pas sérieux et embêtant pour le classement!

Quelques passages nuageux nous font craindre le pire mais le vent disperse les nuages rapidement. Somnolant une partie de la nuit, un déclencheur dans chaque main, j’appuie promptement à chaque bruit d’éruptions. Il y a du « déchet » mais aussi quelques splendides vues.


Le jour se lève sur le Sangeang Api

 

5 heures du mat… 19 novembre. La lumière matinale embrasse le volcan mais l’incandescence est encore bien visible lors des éruptions. Encore quelques images ratées malheureusement mais mes yeux en profitent. Je vous rassure, globalement au niveau photo c’est plutôt bien!

 


 

Pascal Blondé devant le Sangeang Api

La journée s’annonce chaude et sans nuage. Nous continuons à observer le Sangeang Api depuis un promontoire. A même pas 2 minutes du campement on « récupère » la 4G sur son smartphone et on peut faire profiter (ou rendre envieux) ses amis…

 

 

Un panache du volcan Sangeang Api s’apprête à occulter la lune
Quelques brindilles fleuries poussent aux abords du campement du volcan Sangeang Api


L’île de Sumbawa proche du volcan Sangeang Api dans la lumière de fin de journée

17h, le soleil est maintenant plus bas sur l’horizon. Météo parfaite.


 

 

 


 

Le petit matin n’est pas en reste et parachève le spectacle.


Dernier regard en direction du sommet et petite « réparation » d’une des paires de chaussures qui n’a pas résisté à l’abrasion de la cendre avant d’entamer la descente.

On se désaltère en buvant l’eau d’une branche chargée en nutriments.  

 


 

20 novembre, 13h heures locales. Nous sommes de retour au village côtier, les enfants s’amusent. Un brin de toilette pour notre part et nous quittons l’île de Sangeang.


Une bonne logistique, un accueil sympathique des habitants, une météo parfaite et un volcan en forme. La première partie du voyage est une réussite. Ce n’est pas encore le retour à la maison… direction l’Anak Krakatau 1500 kilomètres plus à l’ouest.

Retour sur l’Anak Krakatau effondré

 

Après une nuit de repos dans un petit hôtel calme de Bima, une journée de transfert entre Sumbawa, Bali et l’aéroport de Jakarta, nous enchaînons avec une seconde nuit d’hôtel à Carita sur la côte ouest de Java. Notre guide pour cette partie du voyage est Bambang que je connais déjà d’un précédent voyage.

Le lendemain matin, lundi 22 novembre, nous approchons du Krakatau. L’île de Krakatau Kecil – également connue sous les noms de Panjang et Lang – ravagée par la vague géante du tsunami, n’a toujours pas retrouvé sa verdure.

Comme d’habitude nous tournons autour de l’Anak Krakatau pour évaluer la situation et le danger avant tout débarquement.

 

 

Notre campement est installé au nord de l’Anak Krakatau, là où des « plages » se sont formées, contrairement à la côte est plus abrupte.


En cette première demi-journée sur le Krakatau, nous progressons rapidement en direction des crêtes et nous installons sur la crête sud. Des panaches noirs rompent de temps à autre la surface faussement calme du lac sans aucun signe avant-coureur.


 

Approcher le lac n’est pas sans risque, nous ne nous y attardons pas et y remplissons rapidement une bouteille. Il y a moins d’un an à son emplacement se trouvait encore un cône volcanique de plus de 300 mètres d’altitude!

 


La patience récompensée

 

La journée suivante – 23 novembre – est mise à profit pour contourner complètement le cratère occupé par le lac. Des crêtes nord nous passons par la bande de terre séparant le lac de la mer. On y remarque des dépôts colorés allant du blanc au jaune. 

Côté éruptions, il nous faut de la patience. Ce n’est qu’au bout de 5 heures d’attente que le volcan nous gratifie enfin d’une éruption digne de ce nom. Rien à voir avec les « énormes » panaches dépassant largement le sommet que j’ai pu voir sur internet, mais mieux vaut ne pas être trop proche lorsque cela se produit!

 


Dernières heures sur l’île, ce matin du 24 novembre. Aller-retour rapide au sommet pour contempler le lac avant d’embarquer sur notre bateau qui nous attend dans la baie. Derrière nous, dans le soleil levant, la silhouette de Krakatau Kecil laisse parfaitement apparaître les arbres morts lors du tsunami.


Retour à Carita avec notre bateau rapide, naviguant entre imposants et dangereux cargos et frêles embarcations de pêche. Nuit de repos à l’hôtel. Après un séjour réussi au Sangeang Api, l’Anak krakatau nous a, à son tour, également comblé.

 

Le jour du départ est arrivé. En cours de route nous nous arrêtons au centre de surveillance du Krakatau à Pasauran au nord de Carita. Un chercheur japonais est en ce moment en mission ici pour tester un drone longue distance, capable de rallier l’Anak Krakatau depuis l’observatoire à une cinquantaine de kilomètres de distance, de surveiller l’édifice puis de revenir à son point de départ!

Nouvelle morphologie et système de surveillance du Krakatau.

Sismomètres et caméra de surveillance.

Le drone prêt à être monté


Dernier arrêt avant l’aéroport, à Anyer pour voir le monument marquant le point zéro de la route Anyer-Panakuran, au pied du phare de Cikoneng, dont l’original a été détruit par le tsunami de 1883.


Texte et photos: Pascal Blondé – Voyage « Aventure et Volcans, à la carte » effectué en novembre 2019.

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2 commentaires sur “Du Sangeang Api – le volcan qui me trottait dans la tête – à l’Anak Krakatau effondré.”

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